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Passage de la lumière

quatuor à cordes et électronique

2009

commande d’Etat
création le 26 septembre 2009 à Paris par le quatuor Multilatérale

💡 Brakhage Series, II pour violoncelle et électronique développe le 2nd mouvement de ce quatuor. 💡
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Certains films abîmés, flous ou retouchés, donnent parfois une consistance épaisse et tactile à la lumière. C'est que le noir et blanc, en particulier, donne à travailler la matière volatile des plans lumineux même. Le quatuor à cordes, bien monochrome à première écoute, n'exprime que cette sorte de variations de luminosités expressives, pleines ou infimes.
Ce qu'il y a de sombre ou de lumineux dans un trait d'archet, l'électronique va le séparer comme on pèle la peau d'un fruit : révéler les résonances encloses dans la rugosité d'un son écrasé ou porter l'écoute sur l'effleurement du crin sur une corde presque étouffée, les amplifier et les donner à entendre dans des lieux distants ; noircir ou illuminer le cœur noir du quatuor, d'abord creuser, alourdir, "ensilencer" son espace alentour, jusqu'à le figer.
A l'inverse des ombres qui se referment peu à peu sur Joan Fontaine dans Soupçons de Hitchcock, les musiciens s'extraient d'abord du noir lourd et brutal qu'eux-mêmes se fabriquent. Comme un objet métallique dans le noir, l'électronique accroche déséspérement leur peu de lumière. Le poing d'ombre qui les enserre se détend, jusqu'à faire apparaître ce que l'électronique cachait derrière eux : une toile de silence lumineux ; qui se déchire peu à peu jusqu'à se noircir violemment.